SKI soutient Stop Rockwool Soissons lors d’une manifestation à Courmelles

Des membres de SKI sont venus grossir les rangs de la manifestation du 21 Mai 2022 à Courmelles (Aisne) contre le projet Rockwool.

Rappelons au passage le rôle fondateur qu’avait joué Guy Vignard pour le collectif Stop Rockwool de Soissons qui désormais est bien organisé et oppose une résistance admirable à l’industriel et à certains élus dont la préoccupation principale n’est pas la santé de leurs concitoyens.

Admirable également est la position du maire de Courmelles, M. Arnaud Svrcek, qui a refusé d’octroyer le permis de construire à l’industriel suite à l’avis défavorable du commissaire-enquêteur. Sur ce point, les contextes entre Illange 2018 et Courmelles 2021 diffèrent … on connait la suite.

M. Svrcek nous a chaleureusement remerciés de notre présence et nous lui témoignons à nouveau ici toute notre admiration pour son courage et sa droiture.

Nous avons également rencontré M. Baudrier, adjoint à la mairie de Paris, qui a fait savoir que la laine de roche (et autre isolant similaire) sera désormais bannie des projets de construction dans la capitale, ce qui constitue un signal fort et sans équivoque à tous ceux qui soutiennent les laines minérales.

Nous reprenons ici le compte-rendu de l’AFP sur cette journée riche en contacts et porteuse d’espoir.

Entre 430 manifestants, selon la préfecture et plus de 530, selon les organisateurs, ont manifesté samedi 21 mai 2022 près de Soissons (Aisne) contre le projet d’implantation d’une usine de laine de roche du géant danois Rockwool.

Ils entendaient dénoncer une usine qui serait une des plus polluantes de France, un déni de démocratie ​mais aussi la production d’un produit utilisé pour l’isolation thermique non durable, non recyclable, déjà obsolète, selon le collectif d’opposants Stop Rockwool.

La mairie de Paris va favoriser dans les appels d’offres uniquement les matériaux biosourcés et plus la laine minérale, donc il n’y aura même plus de marché à Paris ​pour ce produit, a déclaré par téléphone à l’AFP un des fondateurs du collectif, Thomas Bosniaque.

Le 31 mars 2021, le préfet de l’Aisne a délivré à Rockwool, leader mondial de la fabrication d’isolants en laine de roche, une autorisation d’exploiter dans une Zone d’aménagement concertée (ZAC) du village de Courmelles, au sud de Soissons.

Avis défavorable du commissaire enquêteur

Le projet avait pourtant reçu un avis défavorable du commissaire enquêteur. L’enquête publique concluait que les nuisances, liées notamment à l’impact environnemental de cette usine qui emploierait quelque 130 personnes, l’emporteraient sur ses avantages.

Le conseil municipal de Courmelles s’était lui aussi prononcé, à l’unanimité, contre cette implantation. De nombreux riverains se sont opposés au projet et un collectif de médecins a alerté sur le rejet de substances toxiques dans l’atmosphère (particules fines, ammoniac, acide chlorhydrique…).

Un manifeste signé par 71 médecins

Le manifeste des médecins dénonçant le projet a été signé à ce jour par 71 médecins, parmi lesquels des chefs de service de l’hôpital de Soissons et le député LREM candidat à sa réélection Marc Delatte, présent à la manifestation.

Dans ce bras de fer, les deux parties ont saisi le tribunal administratif.

En juillet, les associations s’opposant au projet ont déposé des recours contre l’arrêté préfectoral.

La préfecture de l’Aisne et la société Rockwool en ont quant à elles déposé contre l’arrêté municipal refusant le permis de construire.

Sur son site internet, Rockwool explique transformer une ressource naturelle abondante en des produits qui répondent aux plus grands défis de notre monde ​en améliorant les performances thermiques des bâtiments.

Samedi 21 Mai 2022, Guy Vignard, un an déjà …

Le 21 Mai 2021, Guy nous a quittés.

Hasard (?) du calendrier, ce samedi 21 Mai 2022, des membres de SKI battaient le pavé avec ceux du collectif de Soissons qui partagent le même combat. Rappelons que Guy avait été à l’origine de leur création.

A travers cette lutte que nous continuons de mener pour la nature et la santé, et que d’autres relayent désormais, nous rendons hommage à Guy pour son action et sa détermination.

Il a fait des émules. Merci Guy.

Le stockage des déchets selon Knauf (bis)

Voici quelques clichés pris en Mai 2022 au port d’Illange qui parlent d’eux-mêmes sur l’attention toute particulière que l’industriel porte au stockage des rebuts impropres de sa production ainsi qu’au code de l’environnement.

Rappelons que la préfecture de la Moselle avait mis l’industriel en demeure de procéder à un stockage réglementaire pour des raisons de santé publique en Janvier 2020 (voir arrêté préfectoral ci-dessous).

Il faut croire que Knauf a la mémoire courte car on peut raisonnablement douter que l’entreposage sauvage constaté en 2022 sur ces photos soit réellement réglementaire.

Un courrier de SKI sera adressé prochainement à la Dreal et à la préfecture pour demander des explications sur cette sinistre réalité. Il faut rappeler que l’arrêté de 2020 visait à protéger les populations et l’environnement de l’effritement de ces plaques de laine de roche entreposées à ciel ouvert et dont les particules néfastes pour la santé seraient dispersées par les vents, le ruissellement des pluies …

Ces images écornent sérieusement les publications de Knauf (Fuse notamment) en matière de respect de l’environnement et des populations.

Ci-dessous pour rappel, l’arrêté préfectoral de Janvier 2020 obligeant Knauf à respecter le code de l’environnement pour l’entreposage de ses rebuts de production :

Des similitudes entre l’usine Knauf d’Illange et celle de Rockwool à Soissons – mêmes arguments à l’implantation, mêmes dommages aux populations

Dans le cadre de la manifestation du 21 Mai 2022 organisée à Soissons par le collectif Stop Rockwool ainsi que d’autres organisations de défense de l’environnement et de la santé, évènement auquel SKI participera, nous publions ci-dessous deux lettres de Thomas Le Roux, chercheur au CNRS, sur le projet Rockwool ; la première en 2020 lors du lancement du projet, et la seconde en 2021 adressée à la préfecture de l’Aisne.

Il est frappant de constater les ressemblances évidentes entre les contextes Knauf à Illange et Rockwool à Soissons : simplification des démarches pour les industriels, enquête publique éclair, création d’emplois contre environnement, parole savante d’experts issus du monde industriel contre parole profane des riverains, stratégie à court terme polluante contre projet durable plus long à mettre en oeuvre, et surtout, même dommages pour la nature et les hommes.

Première lettre en Octobre 2020 :

Seconde lettre en Mars 2021 :

La qualité de l’air selon Knauf – une démonstration matinale

Samedi 20 Novembre 2021, alors que le ciel était bien dégagé et laissait présager une belle matinée ensoleillée, un panache de fumée noire accompagné de flammes a quelque peu terni le tableau.

Voici ce que les riverains d’Illange pouvaient apercevoir de leurs fenêtres vers 7h20 :

Heureusement, les écoliers du groupe scolaire d’Illange (situé à 300 m de l’usine, ne l’oublions pas) n’étaient pas encore arrivés – encore que cela aurait pu être l’occasion d’une petite leçon de choses sur le développement durable, la fin des énergies fossiles ou la théorie et la pratique.

La hauteur de la cheminée et la direction des vents ayant été choisies (et validés par les instances de régulation ainsi que la préfecture de la Moselle) comme parade ultra-moderne à la pollution de l’air (qu’il est difficile d’ignorer sur ces images), les populations n’ont pas à s’inquiéter.

Ni le Luxembourg d’ailleurs (qui avait rejeté l’implantation de l’industriel en 2018), et ce, même si le vent lui est défavorable, car nous savons tous, depuis au moins Tchernobyl, et plus récemment Lubrizol, que les nuages toxiques s’arrêtent aux frontières.

En revanche, ce qui n’apparaît pas sur cette vidéo, et qui se joue des vents et des frontières, c’est le CO2, issu de la combustion du charbon, solution technologique d’avant-garde qui a été choisie comme preuve de l’engagement de Knauf en faveur du climat (et validée par les instances de régulation et la préfecture de la Moselle, bis).

Le CO2, ce gaz inodore, incolore, parfaitement inoffensif pour les écoliers et le reste du monde, mais qui, une fois là-haut, en concentrant les rayons du soleil toujours un peu plus, saura nous rappeler, ainsi qu’aux instances de régulation et à la préfecture de la Moselle, que notre planète est soumise à des lois physiques non subordonnées à l’appât du gain et dont les conséquences seront dramatiques pour les écoliers des générations suivantes, et le reste du monde.

Pour SKI, la rédaction.